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Blues, féminisme et société

Le cas de Lucille Bogan

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Par Christian Bethune
29 septembre 2018
Prix : 30 €

Extrait :

Le nom de Lucille Bogan est longtemps resté absent des études consacrées au blues ou à la culture afro-américaine, et la chanteuses reste encore grandement sous-estimée. Cela tient, sans doute, à trois facteurs. D'abord la biographie de Lucille Bogan reste extrêmement lacunaire, son propre fils semble peu au fait de la vie de sa mère ; ensuite, contrairement à ses consoeurs, nous n'avons pas de traces matérielles concernant ses éventuelles prestations publiques, manifestement la chanteuse n'appréciait guère la scène ; enfin la crudité sans équivoque de ses blues a longtemps effarouché l'industrie culturelle : jusqu'à la fin des années 1990, seule une poignée d'initiés avait accès à son oeuvre. Les choses ont changé depuis qu'avec les rappeurs les « explicit lyrics » sont devenus à la mode, à ce titre l'oeuvre de Lucille Bogan constitue un chaînon manquant entre le blues et le rap. En effet, les paroles de ses blues dévoilent une obscénité souterraine à l'oeuvre dans la culture afro-américaine que le rap a désormais placée sur le devant de la scène. Mais, dans leur style formulaire qui puise aux racines de la tradition, et par-delà le côté salace de leurs propos, les blues de Lucille Bogan, toujours finement observés, proposent un témoignage saisissant sur la vie quotidienne des afro-américain(e)s (en particulier à Birmingham, véritable poumon industriel de l'Alabama), sur la grande dépression de 1929, sur les chemins de fer américains ou sur le trafic et la consommation d'alcool à l'heure de la prohibition etc. Mais c'est sans doute sur la condition et sur les aspirations des femmes issues du prolétariat Noir que Lucille Bogan se montre la plus percutante. Ses revendications féministes diffèrent sensiblement des mots d'ordre des très bourgeoises et très moralisantes ligues féministes Noires comme la NACW. L'oeuvre de Lucille Bogan nous fait découvrir un féminisme sans concession à l'idéologie dominante. Du fait d'une documentation biographique quasi inexistante, seule une étude minutieuse des quelque 67 morceaux enregistrés qui subsistent (Lucille Bogan en a sans doute gravé plus d'une centaine) aura permis de cerner l'art de la chanteuse. Ce n'est donc pas la vie de l'artiste qui éclaire son oeuvre, mais l'oeuvre qui s'élucide par elle-même. Cette démarche semble d'autant plus appropriée que, contrairement aux divas du blues classique, Lucille Bogan est l'auteure de quasiment tous les titres qu'elle a enregistrés, passant, aux dires de son fils, beaucoup de temps à les peaufiner, chez elle, à Birmingham, avant chaque séance dans les studios des compagnies du Nord.

Johnny et moi

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Par H.M.
26 juin 2022
Prix : 28 €

Extrait :

Malgré ses concessions grand public et ses dérives du côté de la variété, Johnny Hallyday reste le seul rocker français qui ait su fédérer les générations et les publics les plus divers. En cinquante-sept ans d'une carrière prolixe et mouvementée, avec plus de trois mille concerts et une centaine d'albums studio et live ayant généré plus de cent millions de ventes, l'idole des jeunes est devenue un monument national : il a irradié pendant des décennies l'histoire du rock français en y suscitant l'admiration ou le rejet - mais jamais l'indifférence -, il a affirmé son statut de star de tous les excès et de tous les succès et, au milieu de ses errements opportunistes, il n'a jamais délaissé ses fondamentaux, le blues et le rock'n'roll originel. Touché de plein fouet dans les années soixante par ce phénomène incontournable qui lui ouvrit une porte d'accès aux musiques électriques, HM, journaliste spécialisé dans le rock français, a assisté à trente-et-une de ses prestations scéniques entre 1965 et 2017. À partir du récit de ces concerts qu'il replace dans leur contexte sociologique et musical, il retrace la carrière du chanteur par rapport à son propre vécu et son évolution personnelle. À travers ses illusions et ses désillusions, ses emballements et ses critiques, il questionne le mythe, le met en perspective et le décortique pour en faire apparaître aussi bien les failles que les éclats, les échecs que les réussites. La passion dont il fait preuve s'accompagne du refus de toute concession et rejette le piège de l'hagiographie pour mieux cerner l'une des épopées musicales françaises les plus fascinantes de notre époque.

Le démon du Blues

Dirty talk, dirty game

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Par Jean-Pierre Labarthe
19 octobre 2015
Prix : 32 €

Extrait :

Toute personne qui a une vraie compréhension de l'histoire des Africains en Amérique (aussi connus comme : les Noirs américains, les Afro-Américains, etc.) savent qu'il s'agit d'une histoire de résistance à l'oppression. De cette lutte douloureuse vient l'un des plus grands cadeaux de l'Amérique au monde : la beauté de la musique noire, les arts visuels, la littérature, la danse et le cinéma. Si l'art des Africains en Amérique est né de la lutte pour survivre et résister à l'oppression raciale au jour le jour, il est logique de supposer que tout art véritable qui vient de l'Amérique noire est celui qui, à un certain niveau ou à un autre, résiste aux forces démoniaques de l'oppression. Pour être sûr que cet art de la résistance ne soit pas toujours lumineux, spacieux, joli ou poli. S'il n'est pas toujours agréable et accommodant, il n'en est pas moins sombre et beau. Par exemple, lorsque le grand bluesman chante sur le « chien de l'Enfer à son procès », il ne parle pas seulement des chiens de l'enfer métaphysique qui affligent son âme chrétienne, mais il fait également symboliquement allusion aux démons de la vie réelle qui composent la structure du pouvoir blanc (la police, le Klan et d'autres organisations de la suprématie blanche) - ceux qui sont là pour les traquer, lui et son peuple. Dans son dernier livre Le Démon du Blues, l'écrivain Jean-Pierre Labarthe plonge dans les différentes politiques qui ont créé les conditions socio-économiques ayant façonné les perspectives de l'artiste qui a créé la musique et l'art de l'Amérique noire. Pour être tout à fait honnête avec vous, ce n'est pas le genre de livre que l'on peut mettre entre toutes les mains. Autant dire que les bourgeois et les puissants de notre monde industriel n'y trouveront rien à redire, encore moins à se mettre sous la dent, vu qu'il n'y a formellement rien à boursicoter. Trop occupés qu'il sont à profiter des grandes richesses que les dérives du système (c'est-à-dire l'esclavage, le colonialisme, le néo-colonialisme et al) leur accordent depuis bien des lustres. Mais pour ceux d'entre vous qui veulent commencer à se mouvoir vers une compréhension plus profonde de la rime proverbiale et de la raison qui résonne derrière l'art noir américain, la lecture du Démon du Blues est un bon point de départ. Charlie R. Braxton

Une histoire de la Dance Culture

De Kingston à Tokyo

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Par Alexandre Augrand
23 mai 2017
Prix : 32 €

Extrait :

Hip-Hop, Disco, House, Techno… toutes ces musiques formant la Dance Culture sont nées et ont évolué grâce à l'inspiration d'une poignée de DJs. Une Histoire de la Dance Culture en propose une relecture de la thèse intitulée Le DJ, médiateur de transferts culturels dans la Dance Culture. Comment des cultures locales sont devenues globales qui s'appuie sur les transferts culturels et le rôle de médiateurs que prennent les DJs qui, en s'inspirant d'innovations techniques, d'autres styles musicaux et de contextes sociopolitiques venant de Jamaïque, d'Europe, du Japon ou des États-Unis, créent ces différents mouvements musicaux puis les diffusent dans leurs quartiers, leurs villes, leurs pays et enfin dans le monde entier avec toujours le même but, faire danser. Une Histoire de la Dance Culture retrace un demi-siècle d'évolution musicale en partant des origines de la culture musicale sound-systems jamaïcaine, vues comme les prémices de la Dance Culture à l'arrivée des premiers soundsystems, jusqu'aux missions des travellers et l'émergence de quelques scènes en Europe de l'Est, en Afrique et en Extrême-Orient sans non plus oublier les expériences techniques et musicales menées par des musiciens, des inventeurs et des mouvements artistiques et contestataires du début du XIXe jusqu'au milieu du XXe siècle qui ont offert de nouvelles perspectives et une autre façon de penser la musique.

Booker T & The MG's

Green onions and Memphis soul

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Par Eric Tessier
22 novembre 2017
Prix : 32 €

Extrait :

Principal créateur de la soul de Memphis, BOOKER T & THE MG's a laissé une empreinte fondatrice sur la soul, le rhythm and blues en général et le rock and roll dans tous ses états. Outre une brillante carrière personnelle, en tant que groupe ou artistes solos, BOOKER T AND THE MG'S a été l'orchestre maison du célèbre label de Memphis STAX Records. Ils ont ainsi joué, entre autres, avec OTIS REDDING, SAM & DAVE, CARLA & RUFUS THOMAS, EDDIE FLOYD, WILSON PICKETT, ALBERT KING, JOHNNIE TAYLOR, THE STAPLE SINGERS, etc. On les entend sur des classiques comme « Soul Man », « Walking The Dog », « Try A Little Tenderness », « I've Been Loving You Too Long (To Stop Now) »… Loin d'être un groupe de requins de studio, les musiciens de BOOKER T AND THE MG'S étaient aussi des compositeurs. Pour eux-mêmes (leur répertoire est parmi les plus beaux de la soul) comme pour les autres - on doit notamment à Booker T. Jones des classiques comme « Born Under A Bad Sign », « I've Never Found A Girl (Like You To Love Me) », à Steve Cropper « (Sittin' On) The Dock of the Bay », « Hold On I'm Coming », « In The Midnight Hour », « Ninety-Nine and a Half (Won't Do) » et autres friandises. On compte au nombre de leurs fans JOHN LENNON (qui rêvait de composer un morceau pour eux), NEIL YOUNG, CARLOS SANTANA, CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL, LOU REED, ROD STEWART, STEPHEN STILLS, STEPPENWOLF, PAUL WELLER le Modfather et la cohorte des mods déchaînés sur leurs scooters, JOHNNY THUNDERS le prince du punk, THE CLASH, les rockeuses garage japonaises de THE 5,6,7,8's, RANCID, les avantgardistes THE RESIDENTS (qui écrivirent « The Booker Tease ») et les psychédéliques pop toulonnais STEREOSCOPE JERK EXPLOSION (« Mooger Tea »). Bien que leur histoire soit intimement liée à celle de STAX, c'est bien de BOOKER T AND THE MG'S dont parle ce livre. C'est la première biographie qui leur est consacrée, à notre connaissance, en France comme dans le monde.

Chasse au trésor

70 disques des 70'S à côté desquels vous êtes peut-être passés...

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Par Eric Smets
22 avril 2021
Prix : 34 €

Extrait :

Vous êtes fan de Classic Rock, vous possédez tout sur les grands groupes des années 70, sur ses grands mouvements musicaux et vous vous tenez devant votre collection de disques en vous demandant s'il ne vous manque rien, si vous n'êtes pas passé à côté de quelque chose ? Ou vous connaissez quelqu'un qui correspond trait pour trait à cette description. Alors, ce livre est pour vous ou pour lui ! Loin des anthologies traditionnelles qui vous présentent, sous diverses formes, la sélection des meilleurs disques de Rock de l'histoire, loin des listes habituelles des albums essentiels les plus célèbres mais dont, tout compte fait, vous possédez déjà les trois quarts, je vous propose de vous pencher sur certaines zones d'ombre du Rock des 70's et de, peut-être, découvrir de nouveaux disques formidables, liés de près ou de loin à vos groupes favoris. Une façon amusante de poursuivre votre insatiable quête, de compléter votre collection, d'ouvrir de nouvelles portes et de vous donner une excuse pour acheter quelques nouvelles galettes. Que demandez de plus… Vous hésitez, vous voulez quelques exemples ? Vous êtes fan des Beatles et, depuis leur séparation, vous rêviez d'une reformation… Saviez-vous que l'on retrouvait les quatre membres du groupe sur un album solo de Ringo Starr ? Vous êtes fan des Rolling Stones et vous pourchassez la moindre chanson inédite du groupe… Saviez-vous que Keith Richards en avait offert deux à Ron Wood pour son premier album solo sur lequel Mick Jagger lui avait écrit le refrain d'une autre en échange de l'exclusivité de la création de « It's Only Rock'n'Roll » et que Mick Taylor jouait aussi sur cet album plus Stones que Faces ? Vous êtes fan de Led Zeppelin. Saviez-vous que Jimmy Page jouait déjà plusieurs chansons de ce groupe alors qu'il était toujours dans les Yardbirds ? Un album live rare en apporte la preuve ! Vous êtes fan de Bruce Springsteen, pour vous c'est lui le Boss et nul autre… Saviez-vous qu'il joue sur un album de Lou Reed et qu'il a collaboré à plusieurs albums de son ami Southside Johnny ? Vous êtes incollable sur les super-groupes des 70's. Connaissiez-vous Go, qui rassemblait Steve Winwood, Klaus Schulze, Al Di Meola, Pat Thrall, Michael Shrieve autour du japonais Stomu Yamashta ? Vous voudriez découvrir de nouveaux disques, des artistes ou des groupes à côté desquels vous seriez passé et qui n'ont pas acquis le statut d'oeuvre essentielle ? Jetez une oreille sur le dernier album de Mott (The Hoople) ou sur le premier de Mick Ronson (avec une chanson inédite de David Bowie). Connaissez-vous les trésors qui peuplent la discographie d'Elliott Murphy, de Tommy Bolin, de David Crosby, de Steve Harley ou du Sensational Alex Harvey Band ? Que savez-vous de Paris, des groupes français ou de Skryvania (le Lp collector Rock français le plus cher sur le marché) ? Bref, un autre voyage dans l'histoire du Rock vue par le petit bout de la lorgnette… Mon plus grand plaisir serait qu'après la lecture de ce livre, vous n'ayez qu'une envie, c'est de courir chez le disquaire du coin (pour autant qu'il en existe encore un !) pour tenter de vous procurer un de ces disques… Là, je me dirais que ça valait la peine de passer toutes ces heures à écrire ces pages pour tenter de transmettre la joie que l'on peut éprouver en redécouvrant ces albums un peu oubliés.

Arvö Part / Philip K Dick

Ethiques du Temps

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Par Christophe Franco-Rogelio
21 novembre 2014
Prix : 30 €

Extrait :

Chose notable dans nos sociétés adeptes du culte de l'individu, leurs noms n'ont pas encore atteint le degré de notoriété qu'ont gagné leurs oeuvres. Prenons quelques films : Gerry, The Place Beyond the Pines, There Will Be Blood d'un côté, Minority Report, Blade Runner, Total Recall de l'autre. Les premiers font tous appel à la musique d'Arvo Pärt, les derniers sont tous basés sur des histoires écrites par Philip K. Dick. Point commun entre les deux hommes : tous deux sont contemporains et issus d'une société répressive dont ils ont subi la coercition et contre laquelle ils se sont battus : respectivement l'URSS et les USA. Tous deux ont trouvé dans une approche mystique du temps une manière d'orienter leur oeuvre vers une singularité qui dépasse les simples carcans des genres, que ceux-ci soient appelés « minimalisme » ou « science-fiction ». Tous deux ont eu pour objectif de créer des oeuvres qui soient comme un triomphe contre la tyrannie : celle des cadres esthétiques comme celle des sociétés de contrôle. Récemment encore, Pärt dédiait sa 4e symphonie à un opposant au régime de Vladimir Poutine ; et on ne peut que constater que Dick avait anticipé la plupart des problématiques qui fracturent la société américaine post-11 septembre. Autant de raisons de rendre un hommage volontairement aventureux à des oeuvres qui continuent de marquer profondément notre culture, populaire comme « savante ». Autant de raisons d'écrire sur un dialogue qui n'a jamais eu lieu, et qui pourtant continue de se produire. Un paradoxe à la hauteur de leurs éthiques du temps.

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